Signature de Pierre Lamothe à Halifax

Les points clés de sa réussite

 

image : hfxwanderersfc.canpl.ca


Le 27 janvier dernier, l’équipe de la Canadian Premier League, les Wanderers d'Halifax, a confirmé la signature du joueur formé au CS Longueuil Pierre Lamothe. Le milieu de terrain de 23 ans fait ainsi le saut vers les pros après un trajet qui combine neuf ans dans son club d'origine, cinq ans à l'Académie de l’Impact de Montréal (aujourd'hui appelé CF Montréal) et trois ans de jeu en niveau semi-pro et universitaire. Fière de sa signature, l’ARSRS a contacté le joueur issu de la Rive-Sud pour échanger sur son parcours et ainsi découvrir les moments clés qui l’ont amené vers cette réussite.

 

Son développement au CS Longueuil

Pierre a commencé dès l'âge de cinq ans à jouer au soccer pour le club de sa ville, le CS Longueuil. Cette étape de formation qui s’est étendue jusqu’à ses 14 ans a été marquée pour une personne en particulier : «Au Club de Longueuil, c’était mon père qui m'a toujours encouragé. Il m’a entraîné au Club pendant quelques années (U8 à U10) et il m’a toujours aidé à m'entraîner individuellement, à m’impliquer davantage et à passer plus de temps dans le foot».

Pour son père, Stéphane Lamothe, actuellement Président du CS Longueuil, la signature pro de son fils représente le résultat de plusieurs années d'efforts : «C'est avec une immense fierté qu'à titre de père, ancien entraîneur et actuel président du CSL que je reçois la nouvelle de la signature de Pierre en @cplsoccer avec Halifax. Ce dont je suis le plus fier, c’est la détermination et le comportement que Pierre affiche. Jamais il n’a perdu foi en son talent et a redoublé d’efforts dans les moments difficiles», a déclaré Stéphane Lamothe sur le compte Instagram officiel du CSL. 

 

photo: compte Instagram @CSlongueuil

 

Succès régional 

Les exploits avec son club ont permis à Pierre de faire partie de la sélection régionale de la Rive-Sud et de participer aux Jeux du Québec.  «J’ai eu la chance de partager avec Patrick Leduc et Wilfred Nancy, qui étaient chargés de l’équipe de la région à cette époque. J’ai eu la chance de revoir Wilfred à l'Académie de l’Impact, il a beaucoup influencé ma formation. Je me rappelle également d’avoir remporté les jeux techniques régionaux et d’avoir représenté la région dans les provinciaux.  Je peux dire que j’ai eu de bons entraîneurs à cette époque qui m’ont aidé à tout mettre en place pour devenir un bon joueur».


L’Académie 

À U-15, la trajectoire de Pierre fait virage vers l’Académie du CF Montréal. Le milieu de terrain repêché d’un camp de détection se trouvait à la première année de création de l’Académie entourée de joueurs de tous les niveaux de jeu. «C’était une première année d’adaptation pour tous, incluant les dirigeants (du programme à l'Académie). On n’avait pas de compétition officielle à ce moment, donc on ne jouait que des matchs amicaux, mais je ne pouvais pas regretter ma décision. Je commençais à m’entraîner cinq fois par semaine, la qualité des entraîneurs et le niveau d’encadrement étaient bons». 

Participer à l’Académie du CF Montréal peut demander plusieurs changements dans le quotidien de jeunes joueurs, en commençant par les nombreux entraînements par semaine, les déplacements et le partage du temps entre le soccer et les études.  À la rencontre de ces nouvelles habitudes, Pierre Lamothe vient découvrir une des premières clés de sa réussite. «Je devais me lever tôt pour partir dès Longueuil à l’école au Cégep Édouard Montpetit à Montréal, aller m’entraîner et rentrer tard à la maison pour faire mes devoirs. Mais j’étais jeune et j’avais envie de jouer au foot. Je me suis toujours considéré comme un joueur au-dessus de la moyenne, c’est qui m’a motivé pour faire les efforts nécessaires».

 

Photo : cfmontreal.com

La découverte

Sa fierté et sa confiance en soi-même ont été déterminantes pour réussir son étape à l'Académie, ces années pendant lesquelles il a vu des joueurs partir par manque de condition, d'intérêt ou perte de motivation. Pendant ses trois dernières années au secondaire, l’accumulation de matchs et des entraînements ont eu une incidence directe sur son rendement sur le terrain. «J’étais inconstant, il y avait des jours où je me sentais meilleur joueur, mais le lendemain avec les mêmes adversaires et les mêmes coéquipiers je me sentais un joueur moyen.  Je commençais à me poser des questions, à faire des recherches et à parler avec les gens, pour me rendre compte qu’avec une bonne alimentation je pouvais voir rapidement des effets positifs sur le terrain. Malheureusement pendant ces années à l'Académie, je n’ai pas fait beaucoup d’attention à ma préparation en dehors du terrain. Je ne dormais pas assez, je ne faisais pas attention à ce que je mangeais, tous ces détails qui devraient être importants pour les jeunes qui veulent devenir joueurs professionnels. À mon avis, je me suis rendu compte un peu trop tard que tous ces détails de tes choix de vie hors du terrain ont trop d'importance sur tes performances sur le terrain».

«J’étais tellement jeune que je n’arrivais pas à savoir qu’il y avait tellement de petites choses que je pouvais faire pour me récupérer rapidement et rester en forme chaque jour. Une bonne nutrition, la qualité du sommeil, entre autres. C'est un regret que j’ai, car j’ai perdu un peu de temps“. En voyant ça, je continuais à améliorer mes habitudes de vie, en faisant sorte que quand j’ai quitté l’Académie, je me sentais prêt pour rejoindre une équipe semi-pro».

La découverte de Pierre avait fait écho sur ses coéquipiers. Ils commencent à échanger souvent sur les habitudes qui pouvaient les rendre plus performants. Ils faisaient des entraînements supplémentaires à deux ou trois joueurs et partageaient des méthodes qu’ils considéraient comme essentielles pour le professionnalisme. 

Même aujourd’hui, ces joueurs reconnaissent l’influence qui a eu Pierre dans cette période importante de leurs vies : 

«C’est un vrai pro depuis qu’il est tout jeune, son éthique de travail est incroyable. Quand j’ai besoin de conseils sur les entraînements ou sur la nutrition, c’est toujours à lui que je demande», a mentionné Mohamed Farsi, meilleur joueur U21 au Canada, en entrevue sur Obleisq.ca. Farsi et Lamothe ont joué ensemble au Collège Ahuntsic, au CS Longueuil et au Sporting Montréal en futsal.

«Il a été un grand acteur de ma saison 2019 et il m’a beaucoup aidé au niveau physique et nutritionnel. Il m’a aidé à passer un cap«, raconte Abou Sissoko sur Pierre Lamothe en entrevue avec l’agence sportive Obelisq. Nommé sur le XI de l’année 2020 en Canadian Premier League, Sissoko et Lamothe ont joué ensemble en 2018 et 2019 chez les Carabins.

 

photo: compte Instagram @CSlongueuil
 

Son passage universitaire et semi-pro

Quitter l’Académie après cinq ans signifiait prendre des décisions importantes, mais en jouant pour le semi-pro du CS Longueuil et le Carabins de l’Université de Montréal, Pierre savait qu’il allait continuer sa progression et que ce choix de vie professionnelle allait rapporter pour le futur.  

Avec les Carabins, Lamothe a trouvé une équipe forte avec laquelle il a remporté le titre national. Encore une fois, il sentait que son niveau était supérieur à la moyenne des joueurs. Son expérience de jeu avec l’Académie lui a permis d’affronter la compétition universitaire et la PLSQ avec beaucoup de confiance. Les efforts qu’il faisait à chaque entraînement et en dehors du terrain se voyaient de plus en plus reflétés sur son rendement sur le terrain. Ce qui a attiré l’attention des observateurs de l’équipe professionnelle à Halifax. 


Un parcours à suivre?

Le cheminement que Pierre Lamothe a fait comme joueur pourrait être vu comme un modèle à suivre pour les jeunes footballeurs de la Rive-Sud ; neuf ans de formation avec son club d’origine, cinq ans avec l'Académie du CF Montréal, trois ans de compétition universitaire et PLSQ et un contrat pro pour disputer la Canadian Premiere League. 

«Je ne crois pas que ce soit un modèle à suivre. C’était mon chemin, mais pas nécessairement le bon. Il a des joueurs qui physiquement se développent plus tard que les autres, des joueurs qui à 12 ou 13 ans ne sont pas assez bons, mais qui seront les meilleurs à 16 ou 17 ans. Ce n’est pas parce que tu ne rentres pas à l'Académie a 14 ans que tu n’auras pas la chance de devenir professionnel. Je ne crois pas qu’il y a des parcours parfaits. C'est avec les efforts, le temps et des objectifs clairs qu' on peut réussir en faisant chacun son propre chemin». 


Un conseil pour les jeunes

«Il ne faut pas précipiter les choses, plutôt faire des efforts pour être performant à chaque jour à chaque entraînement à l'intérieur et en dehors du terrain. De faire un surplus si tu aimes le soccer et de ne pas vouloir arriver trop vite».


Sa signature professionnelle avec les Wanderers de Halifax s’ajoute au CV de la carrière de Pierre, mais son parcours dans le soccer aura sûrement de nouvelles aventures. L’ARSRS souhaite à Pierre Lamothe le meilleur pour cette étape chez les pros. 


#notreADN

 


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