Entretien : Taylor Peiser

Le soccer dans son cœur

Comment retenir les femmes dans le soccer


Taylor Peiser - ARSRS
 

Née à Ottawa, Taylor Peiser a grandi dans le monde du soccer. Pendant plus de 20 ans, elle a accumulé des expériences qui ont marqué sa vie et qui lui ont permis de se faire une carrière liée à son sport favori. Aujourd’hui, elle a tout ce qu’il faut pour transmettre sa passion aux jeunes joueuses et leur présenter le soccer comme une option de vie.


Sa passion pour le soccer débute très jeune. Taylor commence les cours de soccer à quatre ans, en même temps de développer d'autres habiletés athlétiques en pratiquant le volley-ball et l'athlétisme. Avec le temps, le plaisir de jouer au soccer gagne de la place dans son cheminement et c'est ainsi qu'elle ajoutera par la suite sept ans de développement en club.
 
 
 
C’est à l’âge de 15 ans que le coup de foudre pour le soccer se concrétise. Toujours à Ottawa, elle passe la plupart de son temps sur un terrain de soccer. En plus des matchs et des entraînements, elle était aussi entraîneure dans un camp de jour. Entrer dans un dôme de soccer, c’était pour elle comme la brise du vent, le soccer étant déjà dans son cœur. C’est à ce moment qu'elle fait la connaissance d’Audra Sherman, une personne qui marquera son avenir.

Cette éducatrice d'origine québécoise est devenue un modèle de vie pour Taylor. Un jour, Sherman s’est approchée de Peiser pour lui dire qu’elle pouvait avoir une carrière dans le soccer en tant que joueuse, entraîneure ou dans n’importe quel autre métier lié à ce sport. « Je n’avais jamais vu une femme vivre du soccer et c’est grâce à elle (Audra Sherman) que j’ai réalisé que c’était possible. Je veux maintenant transmettre le même message », dit-elle avec conviction. 


C’est avec cet objectif en tête que Taylor poursuit sa carrière comme joueuse au niveau universitaire, mais malheureusement, une grave blessure au genou ajoute un obstacle à ses espoirs de devenir joueuse professionnelle. Elle s’est demandée à ce moment si elle pouvait continuer sa carrière dans le soccer et s’est convaincue elle-même que oui. 

 

 

Il lui fallait toutefois retrouver son chemin de vie. Taylor commence alors une formation en kinésiologie. Sa blessure est donc devenue une source d’inspiration et en conséquence son profil professionnel s’inclinait sur le côté médical. « Je ne voulais pas que cette blessure arrive à quelqu'un d’autre », conclut-elle. 

 

Des études universitaires sur la préparation physique, sur la prévention des blessures ainsi que sur le retour au jeu suite à une blessure qui s’ajoutaient à des stages avec des équipes d’universitaires en Ontario et avec l’équipe professionnelle d’Ottawa (Ottawa Fury) l'ont aidé à peaufiner sa carrière. 

 

En tant qu’entraîneure, Taylor a complété deux années avec l’Ottawa Fury Elite Girls’ Academy (2015-2016) et par la suite elle a été entraîneure adjointe pour les équipes NCAA Div 1 et 2 en Californie aux États-Unis. 

 

Son nouveau défi : transmettre le message

 

Grâce à ces années de travail à Ottawa et aux États-Unis, Taylor a accumulé les expériences et les rencontres formatrices. C’est le cas entre autres de Tracy Hamm, entraîneur en 2017 du San Francisco State University (Division 2) et de l’UC Davis (Division 1), qui est devenue un modèle féminin pour Taylor. Durant trois années de travail avec elle, Hamm lui a apprise qu’avec de la détermination et de la persévérance, elle avait tout pour tracer son propre chemin dans l’univers footballistique. 

 

Aujourd’hui installée à Montréal avec sa famille et en tant que directrice technique adjointe au secteur féminin au sein de l’Association régionale de la Rive-Sud, Taylor Peiser sait exactement quelle est la prochaine étape de sa carrière : écrire sa propre histoire dans notre région. 

 

« Je veux, en tant qu'éducatrice, montrer aux jeunes joueuses qu’il peut y avoir quelqu'un qui croit en leurs talents. Je veux me faire une place parmi elles et pouvoir leur dire : Oui, tu peux le faire, Oui, j’ai confiance en toi », explique-t-elle.

 

 

Quelles sont les raisons du décrochage du soccer des joueuses entre 15 et 18 ans ?

« C’est une période au cours de laquelle se présente plusieurs options dans la vie. Il y a les amis, les sorties, la famille. Il est important de faire des choix de vie pour ton avenir. Le fait d’être plus autonome permet de prendre des décisions qui rendent heureux et c’est ainsi que le soccer doit rester comme un choix personnel. »

 

Alors, comment éviter le décrochage dans ce temps de choix ?

« Une joueuse qui aime le soccer va toujours vouloir rester, mais elle doit se sentir bien pour vouloir continuer. Pour cela, elle doit se sentir accompagnée, elle doit trouver des modèles à suivre, elle doit trouver quelqu’un qui peut la guider et qui lui fait confiance. »

 

Et comment y arriver ?

« Avec une implication majeure et de l'accompagnement. Par exemple, les éducatrices CDC sont très importantes pour les clubs et pour la région. Elles sont en train de découvrir une nouvelle passion dans leur vie. Il est donc temps de leur montrer qu’elles ont une place primordiale dans le soccer. »

 

 
 
 
 
Rédaction : Antonio Martinez
 
 
 

Suivez-nous

Dernières nouvelles